L’opération d’enrôlement : Le Ministre de l’intérieur reçoit des leaders de la société civile

Depuis l’annonce de l’opération d’enrôlement des populations, certains leaders de la société civile issus notamment de différentes organisations de défense des de droits Humains avaient déjà émis des réserves sur les compositions des différentes commissions chargées de l’opération.

Sur les 13 membres du conseil d’administration de l’enrôlement on compte deux négro africains pendant sur les 54 chefs de centre seulement 4 seraient négro africaine.

Le démarrage effectif de l’opération n’a hélas pas dissipé les inquiétudes des plaignants au contraire, selon les avis de plusieurs sources, « les responsables de cette opération se livreraient à véritable chasse aux sorcières qui vise l’exclusion systématique de la majorité des citoyens négro africains. » a fait remarquer cet observateur.

Face à cette situation, ce groupe de leaders composait notamment de Saar Mamadou Moctar, Aminetou Mint Ely, Boubacar Ould Messoud et Madame Sy Lala Aicha s’est mobilisé pour rencontrer le ministre de l’intérieur et de la décentralisation afin de lui remettre une lettre de protestation. Dans ce document, ces leaders entendent « dénoncer la discrimination et l’exclusion dont sont l’objet les populations négro africaines de la part des services chargés de l’enrôlement. »

« Au lieu de recenser , nous sommes soumis à un interrogatoire humiliant et dégradant qui nous transforme en vulgaire demandeur d’asile alors que nous sommes dans notre propre pays » a lancé madame Lala Aiché, militante des droits humains.

« Malgré les nombreuses dénonciations, nous ne comprenons pas l’indifférence qu’observent les hautes autorités sur ces agissements maladroits qui sont loin de favoriser la paix et l’unité de notre nation. Les questions qu’on nous pose sont extrêmement dangereuses. Car se sont les mêmes types de questions qu’on a eu à poser aux centaines de Mauritaniens négro-africains qui ont été exécutés durant les tristes événements de 89 » a tenu à rappeler M Saar Mamadou président du Fonadh.

Ce mardi 28 juin ; le ministre de l’intérieur a finalement reçu Monsieur Saar et ses amis. A la surprise générale, le ministre de l’intérieur s’est entouré de ses plus proches collaborateurs parmi lesquels son secrétaire général mais surtout l’énigmatique Directeur Général de l’Agence nationale du registre de la population et la sécurisation des documents.

Pendant prés de trois heures d’entretien Ould Boilil a prêté une oreille attentive à ses hôtes avant de se livrer à une véritable opération de communication visant surtout à réaffirmer la position de l’Etat. « Ce recensement a tenu à préciser Ould Boili concerne tous les Mauritaniens et mêmes les étrangers vivants parmi nous sans aucune distinction. Mais pour un premier moment il s’agit de recenser les nationaux d’abord. Il n’est pas lié du tout à une échéance politique nous prendrons le temps qu’il faut pour bien le réussir. »

A propos de la nature des questions, le Ministre s’est a affirmé « nous n’avons jamais dit à nos agents de poser aux citoyens des questions subjectives, si des agissements pareils existent, nous prendrons les mesures qu’il faut » à t-il préciser.

Selon le Directeur Général de l’Agence nationale du registre de la population et la sécurisation des documents, « une structure d’enrôlement ne peut pas discuter de la nationalité de quelqu’un mais elle peut se réserver de ne pas enregistrer quelqu’un pour un premier instant, mais d’autres voies de recours existent » à conclu le DG.

Les visiteurs ont profité de cette rencontre pour poser le problème lié à l’éventuel octroi de terres de culture des environs de Boghé à des privés Saoudiens.

A ce niveau, le ministre et ses hôtes ont divergé sur la notion de « terres mortes » qui semble être la justification pour que ces dernières tombent dans le domaine de la propriété de l’Etat.

Compte tenu de la haute sensibilité de ces questions, les pouvoirs publics doivent par les temps qui courent, être davantage vigilant pour apaiser les esprits et n’éviter des tensions inutiles qui ne profitent à personne.

Le Ministre a pris l’engagement d’associer désormais les leaders des organisations de droits Humains en tant que partenaire et prendre les dispositions pour qu’aucun Mauritanien ne soit oublié « si vous portez à notre connaissance les manquements, nous prendrons les sanctions qui s’imposent a rassuré monsieur le Ministre. Mais entre la officielle des autorités et leur mise en œuvre sur le terrain il y a malheureusement un abîme trouble dans lequel nagent les malins fossoyeurs.

Mpaly

via Khalilou Diagana

Source  :  cridem le 29/06/2011

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