L’ANAIR : Après la fin des opérations de rapatriement organisé : quelles perspectives ?

Nous consacrons un dossier spécial aux réfugiés mauritaniens rentrés au pays après plus de 20 ans d’exil, pour faire le point sur l’évolution de cette question, sur les problèmes mais aussi sur les perspectives.

 

 

Nous livrons le premier volet de cette enquête pour éclairer l’opinion sur ce qui a été fait et sur ce qui reste à faire….

Officiellement les opérations de rapatriement organisées par la Mauritanie avec l’assistance du HCR ont pris fin depuis le 31 décembre 2010. A cette date, 20.484 personnes sont rentrées soit, 4494 familles réparties dans 118 situés dans les 5 wilayas du pays. L’agence nationale pour l’accueil et la réinsertion des rapatriés mauritaniens en charge de cette mission difficile qui a mis en œuvre ce vaste programme, est loin d’avoir bouclé son travail et le gouvernement mauritanien en toute évidence ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, si le retour est une chose, la réinsertion durable des revenants en est une autre. Dans ce cadre le mandat de l’institution publique qui pilote cet épineux dossier doit encore répondre à des défis énormes pour pérenniser les actions accomplies et ceux en cours de réalisation pour lesquelles l’Etat mauritanien a pris des engagements importants et espérons- le infaillibles, en vue de régler définitivement cette question décisive et cruciale pour la réconciliation et la cohésion nationale. Mais la volonté à elle seule ne suffit pas pour venir à bout d’une mission aussi délicate. Il faut davantage mettre les moyens financiers et techniques pour faire face aux nombreux besoins qui se posent dans les sites. Mais le rôle des partenaires au développement est indispensable pour compléter et renforcer ce qui a été déjà entrepris par les pouvoirs publics mauritaniens. A part l’appui logistique du HCR et de l’implication du PAM, de l’UNICEF, la communauté internationale n’a pas débloqué le moindre sou pour aider la Mauritanie à gérer le dossier des ses ressortissants réfugiés au Sénégal et au Mali lors des événements de 1989. Le Directeur Général de l’ANAIR Monsieur Ba Madine estime que la création de cette agence qui est une décision souveraine de la Mauritanie n’a vu sa mise en œuvre que sur les ressources propres de l’Etat. L’enveloppe financière annuelle allouée à cette institution est de 2 milliards d’Um provenant du trésor national dont 1, 6 milliards consacrés aux programmes de réinsertion des familles revenues et le reste de cet argent est alloué au fonctionnement de l’ANAIR.

Durant tout le processus de retour des réfugiés, la Mauritanie n’a obtenu comme aide de l’étranger que le soutien financier du Gabon d’un montant de 500.000 dollars octroyés par le défunt président Oumar bongo et qui a servi à financer des ouvrages hydrauliques dans les sites des revenants. Le HCR en tant qu’organisme spécialisé dans les questions de réfugiés dans le monde a joué un rôle important dans les opérations de retour en prenant en charge la logistique du rapatriement des lieux de rapatriement jusqu’aux sites d’accueil .

Etat des lieux des sites

Le choix des sites servant de point de chute des revenants n’a pas été dicté par une quelconque autorité autre que celle des revenants. Dans le cadre des accords tripartites les candidats au retour volontaire disposaient du libre choix de l’endroit qui leur convenait. L’opération « Go and see » consistait à faire une visite des lieux pour identifier le terrain. Or la plupart des endroits choisis étaient dépourvus d’infrastructures. Pour répondre aux besoins urgents en eaux, en habitat, en soins, en éducation, l’ANAIR a fait un inventaire des priorités cadrées autour d’un plan d’action. C’est ainsi que les interventions du PAM consistant à doter chaque famille d’un ratio alimentaire, des ustensiles de cuisine ont été complétées par des actions de l’ANAIR pour aider à une meilleure insertion des familles dans un environnement particulièrement rude. C’’est que sur le plan de l’hydraulique des puits ont été forés dans les zones où il est impossible de faire des forages ; dans d’autres sites l’usage des charrettes pour transporter l’eau a été l’option la plus adaptée . 129 charrettes ont été offertes aux habitants des sites pour leur faciliter aussi le déplacement et le chargement de matériel. Après une évaluation de la situation dans les sites, l’ANAIR a initié des activités génératrices de revenu dans tous les sites en fonction des spécificités des populations. Des vaches laitières produisant du lait en quantité et en qualité ont été offertes aux familles au prorata de ses membres. Cette expérience a eu un grand succès et généré des profits aux bénéficiaires. Ailleurs c’est l’aviculture qui a été pratiquée sans grand succès comparativement à d’autres actions reconnaissent les responsables de l’ANAIR. Des petites activités de pêche ont aussi été expérimentées dans des sites de pêcheurs. Pour aider les femmes à s’autogérer, 83 boutiques communautaires ont ouvertes dans tous les sites sous la gestion des femmes constituées en coopératives. De telles activités ont permis en l’espace de quelques mois à ces femmes de disposer d’un capital pour devenir autonomes et être en première ligne dans la gestion des affaires de la collectivité. L’introduction de décortiqueuse dans les zones rizicoles a contribué à alléger les tâches aux agriculteurs. C’est ainsi que 12 machines ont été fournies dans les sites du Trarza. Il faut souligner que 220 ha récupérés du député Ould Bellali ont été aménagés au profit des habitants des sites de Médina salam, de Fada, de Dioli avec des rendements jamais obtenus dans les zones de production du pays et ce grâce à un encadrement et des intrants fournis à un moment opportun. L’ANAIR a aussi estimé nécessaire d’intervenir dans les endroits non agricoles pour développer des activités pastorales. Dans le Brakna 2250 ha de réserves pastorales ont été faites et 1120 ha de champ de diéri ont été clôturés. Dans ce domaine pastoral 24 parcs de vaccination ont pu être installés dans les sites pour améliorer la santé animale du cheptel. (Prochainement le volet éducation et insertion des fonctionnaires déportés) (à suivre)

La Rédaction

Source  :  Le Rénovateur le 02/05/2011

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