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Les premiers pas de ce chantier dont l’idée a germé il y a cinq longues années (mon Dieu !!!) viennent donc de se faire.

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Taya écrit ses Mémoires ? : Des souvenirs entachés du sang noir

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Sécurité:Ould Boilil discute avec ses homologues du Sahel la sécurité à Niamey

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(Interview) Ahmed Hamza, Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott à « Projecteurs »

Bonjour Monsieur Ahmed Hamza, notre site est très honoré de vous recevoir dans cette rubrique « Projecteurs » que notre camarade qui vient de nous quitter, feu Mohamed Dogui, voulait une tribune pour les dignes filles et fils de la Mauritanie et vous en êtes un. ...
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Culture - Cinéma

Les cinéphiles s'étaient rassemblés en nombre à la salle El Teatro de Tunis au beau milieu d'un après-midi de semaine, à la fin du mois dernier, malgré la concurrence d'un prestigieux festival du cinéma dans la ville voisine de Carthage. Les Tunisiens s'étaient en effet empressés de quitter le travail et l'école plus tôt pour assister à l'avant-première mondiale du premier documentaire jamais réalisé sur l'un des sujets les plus tabous au Maghreb et dans le monde arabe.

 

"Hymen national" traite de la virginité et de l'hyménoplastie, une procédure chirugicale volontaire que certaines femmes acceptent de subir pour rétablir leur "honneur". Les Journées du cinéma de Carthage (JCC) avaient refusé ce film très controversé de Jamel Makni, et le réalisateur belgo-tunisien, connu pour sa passion des sujets très sensibles, avait décidé d'organiser sa propre projection, mercredi 27 octobre.

"J'ai été heureux de voir qu'autant de personnes s'étaient déplacées pour voir ce documentaire", a-t-il déclaré, tout en exprimant sa déception de voir aussi peu de critiques parmi le public. "J'espérais que le public qui ne partage pas mes opinions serait venu écouter mon point de vue."

Makni a accusé les Journées du cinéma de Carthage d'exercer une véritable censure sur son film : "Après deux ans de dur travail passés à chercher des jeunes filles et des femmes volontaires pour témoigner de leurs problèmes et de la perte de leur virginité, je me suis heurté à un veto incontournable."

"J'ai choisi de réaliser ce film en Tunisie parce que le pays est connu pour ses positions libérales envers les femmes", a-t-il expliqué. Par le biais de la perspective des habitants de Tunisie, il a expliqué avoir été capable de faire la lumière sur la position du monde arabe concernant "la question surannée de la virginité".

"Les qualités des femmes ne se limitent pas à leur virginité", a-t-il affirmé.

Le directeur des médias des Journées du film de Carthage Hatem Bourial a toutefois réfuté le fait que ce documentaire ait fait l'objet d'une quelconque censure. "Des dizaines de films ont été proposés au festival pour pouvoir participer à la compétition officielle, mais au total, le comité de sélection n'en a retenu que douze", a-t-il expliqué à Magharebia.

Ce documentaire présente le témoignage de trois femmes, Hanen, Salma et Wafa, qui s'y expriment à visage découvert.

"Je n'avais jamais eu d'expérience sexuelle auparavant, mais après avoir perdu ma virginité après une relation de courte durée, j'ai été grandement bouleversée", a expliqué la plus jeune des trois, Hanen. "J'ai commencé à avoir l'impression que je ne valais rien, et j'ai eu peur des personnes qui m'entouraient, notamment de ma famille."

Quant à Salma, elle a expliqué s'être totalement effondrée après avoir "perdu la chose la plus précieuse".

"J'ai détruit l'honneur de ma famille et je me suis détruite moi-même", raconte-t-elle dans ce film. "Je ne vaux plus rien aujourd'hui."

Olfa Youssef, intellectuelle de renom et spécialiste de l'Islam, auteur de "Confusion d'une femme musulmane", assistait à cette première à Tunis et a participé à un débat informel à l'issue de la projection.

"Certaines personnes lient la question de la virginité à la religion islamique, alors que cette religion n'aborde absolument jamais ce sujet", a-t-elle expliqué au public. "Malgré ses nombreuses épouses, le Prophète, que la paix soit sur lui, n'en a épousé qu'une qui était vierge au moment de son mariage, Aisha".

Et Youssef d'ajouter : "Nous devons parler de ce sujet et le sortir des tabous qui l'entourent, et éviter de tomber dans la pratique de l'hypocrisie sociale."

"Les filles qui ont perdu leur virginité sont soumises à de nombreuses souffrances sociales et psychologiques", a expliqué Me Saida Guarrach. "Il existe à ce sujet une préoccupation très confuse et de plus en plus prononcée dans la société tunisienne".

Même dans une société qui attache une valeur à la virginité, les mesures auxquelles ont recours certaines filles et femmes pour éviter le scandale suscitent des réactions extrêmes. Nabil Farhat, un étudiant, s'interroge : "Pourquoi revenons-nous en arrière ?"

Certains membres du public ont été outrés que ce film ait pu être produit.

"J'ai été choquée de voir ce documentaire", a expliqué Mouna Bdiri, une étudiante. "Je ne peux pas accepter ce libéralisme excessif qui ne respecte pas la religion islamique, qui nous demande de conserver notre dignité et notre honneur", a-t-elle ajouté.

"Je suis surprise par une société qui place son honneur entre les cuisses d'une femme", a expliqué à Magharebia une autre étudiante, Hanen Turki.

Malgré quelques réactions négatives, et l'interdiction du festival de Carthage, le réalisateur Jamel Makni a expliqué que son documentaire avait atteint son but.

"J'ai fait sortir de l'ombre la question de la virginité en Tunisie, pour que les gens puissent en discuter", a-t-il expliqué.

Une pétition a été lancée pour défendre ce film et critiquer son exclusion du festival. Cette pétition affirme : "Intellectuels, acteurs religieux, étudiants à l'esprit ouvert ou citoyens ordinaires d'un pays qui connaît actuellement de grands changements, tous demandent ce qui a pu conduire à une telle pratique. Cette chirurgie certes sauve les femmes, mais participe également à l'hypocrisie générale, à la domination des femmes par les hommes et à la régression des attitudes."

"Qu'est-ce que la famille d'une fille, ses voisins, sa religion et la société tunisienne dans son ensemble ont à voir avec son intimité ?", demande cette pétition.

Mais la Tunisie n'est pas le seul pays où la chirurgie de reconstruction de l'hymen est populaire.

Au Maroc, un pays où la culture et la tradition exercent encore une influence importante, de nombreuses filles se disent prêtes à recourir à cette procédure.

Aïcha, 34 ans, y a été contrainte par les évènements. Lorsque sa relation a connu un échec après six années de vie commune, elle a souhaité refaire sa vie.

"Je suis restée pendant plusieurs années avec Ahmed, en attendant qu'il obtienne un emploi pour que nous puissions nous marier. Mais les hommes sont très hypocrites. Il m'a quittée parce que je l'avais laissé me prendre. Je ne suis pas une prostituée. Je le considérais comme mon mari", explique-t-elle à Magharebia.

"Une fois la déception passée, j'ai réussi à me remettre et j'ai décidé de continuer ma vie, mais à la manière marocaine." Il y a deux ans, elle a demandé à un gynécologue de Rabat de restaurer sa virginité deux jours avant sa nuit de noces.

"Au départ, je me suis sentie coupable, parce que mon mari est extrêmement gentil. Mais je suis certaine que si je lui avouais ce que j'ai fait, la vie deviendrait pour nous un enfer", reconnaît-elle.

Même en Algérie, où la reconstruction de l'hymen reste un sujet tabou, de plus en plus de cliniques de chirurgie plastique proposent aux jeunes filles la possibilité de "restaurer leur honneur", pour quelque 50 000 dinars algériens (500 euros).

Bien que le code d'éthique médicale ne contienne aucune disposition pénalisant cette opération d'hyménoplastie, les médecins restent très discrets sur ce type de procédure.

"C'est essentiellement pour protéger les femmes que les médecins préfèrent ne pas en parler", a expliqué le Dr Noria Rahmani, médecin généraliste à Alger, à Magharebia.

Craignant que la société ne les critique, les femmes se transmettent avec la plus grande discrétion des adresses de cliniques pratiquant l'hyménoplastie.

Amina, une étudiante, est passée sur la table d'opération d'une clinique des hauteurs d'Alger pour restaurer sa virginité. Les femmes ne devraient pas être jugées avant que l'on ait entendu leur histoire, explique-t-elle.

"J'ai été fiancée pendant deux ans, et nous avons même organisé une cérémonie de mariage religieux (fatiha). Lorsque nous nous sommes séparés, j'ai immédiatement tenu à réparer mon erreur, parce que la société algérienne est très peu tolérante envers les femmes", a-t-elle expliqué à Magharebia. Elle indique avoir subi cette opération pour pouvoir commencer une nouvelle vie et fonder un foyer.

Pour de nombreux Algériens, la virginité d'une jeune femme est perçue comme un gage de "pureté".

"Plus que tout, il existe une énorme hypocrisie. Pourquoi ne demande-t-on pas aux hommes de conserver leur virginité jusqu'à ce qu'ils se marient ?", se demande Nassima, une coiffeuse. Elle estime que la pression exercée par la société peut être un réel problème pour certaines personnes.

"J'ai une amie qui a perdu sa virginité, mais je ne sais pas exactement dans quelles circonstances. Elle a plus de quarante ans et elle a décidé de faire pratiquer une reconstruction de l'hymen, bien qu'elle n'envisage pas de se marier."

Les médecins et les psychologues algériens demandent que soit levé le voile du secret sur ces opérations, pour permettre aux femmes victimes de viols de surmonter leur traumatisme et d'affronter le regard de la société.

Même certaines personnalités religieuses approuvent cette procédure. L'imam Abdelbari Zemzami a ainsi écrit que les opérations de reconstruction de l'hymen sont autorisées, notamment pour les filles qui ont été violées.

C'est le cas de Safae, 28 ans, violée à l'âge de 14 ans. Elle ne souhaitait pas en parler à son fiancé, même si elle n'avait "rien à se reprocher". Accompagnée par sa mère, elle a subi il y a trois ans une opération de reconstruction.

"Il n'a fallu qu'une demi-heure dans la salle du chirurgien. Je ne regrette pas ce choix, parce que je pense que la société marocaine est trop dure envers les femmes. J'ai été la victime, mais personne ne m'aurait cru", a-t-elle expliqué à Magharebia. "J'ai le droit de mener une vie paisible", affirme-t-elle.

Et elle ajoute : "L'hymen n'est pas synonyme de chasteté, et son absence n'est pas la preuve du caractère débauché d'une fille."

Ghazi Fedi, Mouna Sadek, Siham Ali

Source  :  Magharebia le 19/11/2010

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