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Les premiers pas de ce chantier dont l’idée a germé il y a cinq longues années (mon Dieu !!!) viennent donc de se faire.

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Ould Daddah:Le gouvernement présente des chiffres "artificiels" au FMI

Le Président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD),Ahmed Ould Dadah, a indiqué que les chiffres présentés par le pays aux partenaires mondiaux ,sont des chiffres "artificiels", et ne reflètent pas la situation économique sur le terrain. ...
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Taya écrit ses Mémoires ? : Des souvenirs entachés du sang noir

Il y a une poignée d’hypocrites mauritaniens qui prient aujourd’hui pour le retour de l’ex dictateur Maaouiya, ...
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Communiqué du Conseil des ministres du 17/05/2012

Le Conseil des Ministres s'est réuni Jeudi 17 Mai 2012 sous la Présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République. Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret suivant : ...
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Sécurité:Ould Boilil discute avec ses homologues du Sahel la sécurité à Niamey

Le ministre mauritanien de l'intérieur et de la décentralisation , Mohamed Ould Boilil assiste depuis mercredi,à Niamey aux côtés de ses homologues des pays du Champ, la stratégie sécuritaire intérieure dans chaque pays. ...
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(Interview) Ahmed Hamza, Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott à « Projecteurs »

Bonjour Monsieur Ahmed Hamza, notre site est très honoré de vous recevoir dans cette rubrique « Projecteurs » que notre camarade qui vient de nous quitter, feu Mohamed Dogui, voulait une tribune pour les dignes filles et fils de la Mauritanie et vous en êtes un. ...
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Culture - Cinéma

Enfant déjà, il rêvait de cinéma. En 2002, de retour de Paris, il monte, disposant de peu de moyens, la Maison des Cinéastes, avec des amis. Ambitieux, il décide de populariser le cinéma en Mauritanie, et par ricochet, de faire connaître la Mauritanie sur le plan culturel, à travers toute la planète bleue. En 2006, est née la première édition de la Semaine Nationale du Film (Se.na.f.)

Issu d’une famille maraboutique (de père comme de mère), il a grandi à la Kebba (bidonville) à coté de l’arrêt des bus du 5ième arrondissement. Comme certains de ses compatriotes, il appartient à cette Mauritanie des années 70, diversifiée, riche et fière de ses couleurs, ses émotions et sa dignité.

A cette époque, les mauritaniens vivaient dans la fraternité et les communautés entretenaient d’excellents rapports. Il y avait une vraie joie de vivre. De l’espoir, de l’ouverture et des perspectives ! "Maintenant, ce n’est pas ce qu’on vit", se désole-t-il. 

C’est cette Mauritanie-là qui l’a façonnée et vu grandir. Presque 30 ans après, il se rappelle toujours de cette Mauritanie-là où cohabitaient dans l’harmonie, peuls, wolofs, soninkés et beïdanes. Aujourd’hui, il regrette avec beaucoup d’amertume la "ligne rouge" qui sépare ces différentes communautés.

Conséquence d’un manque de communication ! Et, pourtant, la Mauritanie n’est pas le seul pays au monde où cohabitent différentes cultures. "Il y a des pays où plusieurs communautés vivent ensemble", fait-il remarquer en donnant l’exemple de certains pays environnants. Selon lui, il faut qu’on évite de politiser la question de l’identité culturelle, si la Mauritanie veut avancer. 

Abderrahmane Ould Salem est né le 27 juillet 1971, à Nouakchott. "C’est par un pur hasard que j’ai connu la date de ma naissance. Le jour de ma naissance, mon oncle (Mouhamédoune Ould Hamoud, Ndlr) avait écrit un poème pour ma mère (Ndlr : sa mère est décédée et s’appelait Fatimétou Mint Hamoud). Lorsque j’ai grandi, j’ai découvert le poème que mon oncle avait écrit 3 heures avant ma naissance", raconte-t-il.

Dans la communauté maure, un enfant, avant d’entrer à l’école moderne, doit maîtriser d’abord le Saint Coran, comme le veut la tradition. Ses parents le firent entrer à l’école coranique. Ceci va retarder son entrée à l’école publique. Car, il n’y rentrera qu’à partir de la 3ième année. Son cursus scolaire sera perturbé, en classe de terminale où les difficultés commencent à s’amonceler. 

Malgré sa bonne volonté de poursuivre ses études, il va finir par jeter l’éponge pour retrousser ses manches car son père ne pouvait plus lui assurer les frais de l’école. Ainsi, donc, il deviendra tailleur, métier que lui a appris son père lorsqu’il était jeune. Fils aîné, il sait qu’il doit montrer l’exemple et surtout, il sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Commence alors un nouveau cycle de vie pour lui ! Il s’essaie aux nouvelles technologies. Alors qu’il ne maîtrisait aucun mot en français. En peu de temps, il devient informaticien et le maquettiste le plus courtisé de Nouakchott. 

Comment un fils de marabout comme lui a-t-il atterri sur le tarmac du cinéma ? A 9 ans, il découvre le cinéma grâce à un de ses cousins venu du Sénégal. A ce moment, les salles de cinéma existaient, contrairement à aujourd’hui. Cette découverte s’est transformée en amour de l’image, de la mise en scène et de la beauté du cinéma. Il perçut, très vite, que le cinéma est un moyen de communication. Cet amour de l’image a ouvert son esprit et lui a permis de découvrir d’autres cultures par le truchement du cinéma. Cet amour aussi va se transformer en métier plus tard. 

Et, en 2000, il rencontre Abderrahmane Cissako venu en Mauritanie chercher des comédiens pour son film "En attendant le bonheur". Cette rencontre avec lui reste encore vivace dans sa mémoire et une riche expérience pour lui. En 3 mois de tournage, il aura beaucoup appris du cinéma, en tant qu’assistant réalisateur auprès d’Abderrahmane Cissako.

Encore aujourd’hui, Abderrahmane Ould Salem se demande ce qu’il serait advenu de sa destinée s’il n’avait pas rencontré Abderrahmane Cissako qu’il considère comme un frère, un professeur et voire comme un père. Cette rencontre avec lui va complètement bouleverser sa vie et jouer un rôle déterminant dans la suite de sa carrière de comédien. Petit à petit, il se met à creuser son sillon.

Chacun a des idoles, des symboles en qui il s’identifie. Ceux d’Abderrahmane Ould Salem dans le domaine du cinéma s’appellent bien sûr Abderrahmane Cissako. Il l’admire pour son engagement sur le plan professionnel, artistique et politique. Sembène Ousmane ! Il adore en lui son cinéma populaire, très simple et profond. Et, enfin, Tony Gatlif, un cinéaste français.

Il fut comédien (10 ans de théâtre) et en même temps technicien à la télévision nationale (pendant 4 ans). Il sera l’un des fondateurs du célèbre journal satirique "Ech-Taari" (Quoi de neuf) avec Taleb et compagnie. Il sera aussi à l’origine de la Fédération Nationale de Théâtre Amateur à la fin des années 80 et d’autres projets culturels et artistiques qui n’aboutiront pas à grand-chose. C’était pendant la période des vaches maigres. Et, d’obstacles en obstacles, Abderrahmane Ould Salem se forme une force morale inébranlable. 

Avec l’aide d’Abderrahmane Cissako, il trouve un stage à l’Eicar de Paris. Avant de partir, il prend toutes ses précautions. Pour ce faire, il s’achète un dictionnaire Larousse et un logiciel vocal. Dans cette école de formation cinématographique, il va tomber sur un professeur français très raciste qui est contre sa culture et les principes de sa religion. Durant son séjour de stage à Paris, le cinéaste en herbe qu’il était va réaliser son premier court-métrage de 3 mn qui s’appelle "Une Seule Bougie". Ce film raconte l’histoire d’un couple qui va fêter le premier anniversaire de la naissance de leur enfant. Malheureusement, pour eux, l’enfant va décéder le jour de son anniversaire. 

Pendant tout son séjour dans la capitale française, il semble vivre dans un bagne. En quelque sorte, il vivait le supplice dans une société totalement différente de la sienne. Lui qui vient d’une société très open avait du mal à supporter la solitude. Ce fut "catastrophique" pour lui, parce qu’il a vécu, selon ses propres termes, un véritable choc.

"Je n’ai pas pu faire beaucoup de rencontres même si j’ai visité les espaces culturels. Je n’ai pas eu un contact avec les français sauf que, heureusement, j’étais dans un quartier cosmopolite (…). Je m’attendais à rencontrer des français pour comprendre comment ils vivent (…). C’est malheureusement, ce n’est pas uniquement en France mais partout en Europe, des sociétés devenues esclaves et individualistes… », raconte-t-il.

Quelque part, il souffrira énormément du "manque de communication" des français. Cependant, il garde de bons souvenirs de là-bas et notamment la sincérité des gens.

Son caractère débonnaire est connu de tout le monde. Et, cela lui fait peur parce que, dit-il, l’être humain est capable de faire des bêtises ou quelque chose qu’il considère normal alors que ce n’est pas le  cas.

Au-delà de cet aspect de sa personnalité, Abderrahmane Ould Salem est un personnage qui étonne par sa modestie et sa nature joviale. Par exemple, lorsque vous lui dites que c’est vous qui avez ressuscité le cinéma en Mauritanie, il vous répond clairement : "NON ! Je ne suis pas le seul. Je suis avec des gens avec qui j’ai réalisé ce projet."

D’ailleurs, c’est eux qui lui donnent le courage de croire en lui malgré les obstacles jonchés sur le chemin. "Chaque jour, quand je me réveille, je vois dans les yeux de mes amis l’envie de continuer", confie-t-il. 

De nature ambitieuse, Abderrahmane Ould Salem ne rêve que deux choses pour le moment : "créer des moments de grandes rencontres internationales (…) pour défendre des causes universelles" et "avoir un espace où les enfants de la rue peuvent travailler, jouer, apprendre sans considération de niveau, de région, de couleur ou de langue".

Dans son bureau, on y trouve toute une gamme de personnages symboliques : Martin Luther King, Saïdou Kane, Malouma, Cheikh Saad Bouh Camara, Abderrahmane Cissako, Sadam Husséine, Jaïd Abdel Khadr…

Chose particulière en lui, il aime la couleur noire. Il faut faire un tour à son bureau pour s’en rendre compte. On peut y voir une certaine sensibilité de sa part ! "Je me sens parfois mal à l’aise quand je parle de noirs parce que ça a une connotation trop politique. Je ne sais pas qu’est-ce qui m’a mis dans cette situation pour aimer les Noirs", confie-t-il en faisant allusion à Martin Luther King qui représente à ses yeux le symbole de la défense de la cause noire. 

Chaque seconde de perdue vaut de l’or. Pas la peine pour lui de passer son temps à peigner la girafe ! Pragmatique, il sait que le temps perdu ne se rattrape point.

 

Lorsqu’il n’est pas à son bureau en train de s’affairer autour de son ordinateur portable qu’il ne quitte jamais des yeux, il est à coté de sa fille pour l’aider à faire ses devoirs.

 

Passé cela, la nuit, il aime se promener avec sa femme en voiture ou aller au restaurant. "J’aime beaucoup ma femme", lance-t-il à qui veut l’entendre et de préciser allègrement. "Ce n’est pas de la publicité !". Si ça ne l’est pas, c’est quoi alors ?

 

Depuis 1999, il est marié avec une fille originaire de Néma qui n’est pas issue de sa tribu. Lui, il appartient à la tribu "Al Abeuri". Ses parents sont originaires de Trarza et ses grands-parents du village d’Abeur, près de Chinguetti. Avant de se marier, il lui a fallu faire plusieurs castings comme on dit au cinéma pour tomber sur son actuelle femme. Et lorsqu’il parle d’elle, les qualificatifs et les éloges ne tarissent pas. "C’est une fille éduquée, sérieuse et honnête", croit-il.

 

Père de deux filles, il ne pense pas se lancer un jour dans un second mariage.

 

Babacar Baye Ndiaye

 

Source  :  rimartculture.over-blog.net le 21/09/2010

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