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Les premiers pas de ce chantier dont l’idée a germé il y a cinq longues années (mon Dieu !!!) viennent donc de se faire.
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La rencontre du 19 mai dernier entre M. Mohamed Ould Abdel Aziz et des Mauritaniens installés en Europe s’est terminée sur des engagements présidentiels sur certains aspects des revendications relatives au recensement. Dès dimanche soir, quelques délégués ayant participé à la rencontre laissaient entendre sur KASSATAYA leur scepticisme quant aux réponses apportées par M. Ould Abdel Aziz.
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L'ancien président mauritanien, Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya s'est rendu au centre d’enregistrement sur les registres des titres sécurisés ouvert dans les bureaux de l'Ambassade de Mauritanie à Doha, selon le site Emba.info qui rapporte l'information.
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Le président du parti « Al wiam », membre de la Coalition pour une alternance pacifique (CAP), Boydiel Ould Houmeid, a déclaré que sa formation va prendre part aux prochaines élections municipales et législatives.
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L’ONU a réclamé une politique claire de lutte contre la drogue. Mais en Mauritanie, "nous enfonçons dans le narcotrafic", a déclaré Lo Gourmo Abdoul, vice président de l’Union des Forces de Progrès (UFP) lors d'une conférence de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), ce mercredi à Nouakchott, sur le thème « La Mauritanie est-elle un narco-état ? »
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Au cours d'une conférence de presse organisée , mardi 21 mai, à 17 heures, par la coordination de la jeunesse de l'opposition (Mich'all), Mohamed Jemil Ould Mansour, le leader du parti Tawassoul et d'ailleurs président en exercice de la coordination de l'opposition démocratique( COD), a martelé que "la COD ne participera à des élections qui ne sont pas transparentes et fiables".
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Jeudi, 23 Mai 2013 06:37
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Jeudi, 23 Mai 2013 06:53
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Jeudi, 23 Mai 2013 07:42
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Comment parler de l’opération française ? Est-ce une guerre, une intervention ? Et contre qui ? Terroristes ou narco-islamistes ? Rue89 vous aide à trouver les mots.
Pour comprendre ce qui se passe au Mali, il faut identifier les différentes forces en présence. D’un côté, les Français et les Maliens. Bien. De l’autre, eh bien de l’autre, c’est plus complexe.
Les combattants descendus vers le Sud sont essentiellement des salafistes radicaux mais ils sont issus de groupes différents. Pierre Boilley, directeur du Centre d’études des mondes africains au CNRS, explique à Rue89 :
« L’Aqmi, Al Qaeda au Maghreb islamiste, est composé principalement d’Algériens. Ils ont été rejoints par quelques Maliens. Ils sont répartis en plusieurs katibas [groupes de combattants, ndlr]. Celle d’Abou Zaïd, est assez “pure” – dans le sens de leur combat – alors que celle de Mokhtar Belmokhtar est plutôt composée de trafiquants en tout genre. Ça va du jihadisme radical au narco-jihadisme.
Le MUJAO, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, est composé de jihadistes violents, beaucoup d’Arabes de la région de Tombouctou. Ce n’est pas une katiba d’Aqmi mais un mouvement né d’une scission avec Aqmi. Ils ont occupé Gao.
Enfin, Ansar Dine ou “défenseurs de la religion” sont des salafistes touaregs, dont des autonomistes, dirigés par lyad ag Ghali, leur chef très renommé. Il se compose d’un noyau à l’idéologie radicale – ils souhaitent instaurer la charia – mais ils sont rejoints par des gens aux motivations diverses. »
A tout ce petit monde, il faut ajouter des combattants aux motivations peu claires (argent ? idéologie ?). Au total, la France affronterait environ 5 000 hommes.
Le MNLA, le Mouvement national de libération de l’Azawad, les Touaregs, qui revendique l’indépendance de l’Awzad, au nord du Mali, n’est pas la cible de la France. Contrairement aux groupes présentés plus haut, ils ne sont pas islamistes/jihadistes/salafistes/terroristes (au choix) mais l’an dernier, lorsque le nord du Mali a fait sécession, on a vu s’allier plusieurs groupes radicaux islamistes et le MNLA.
Une alliance qui a renforcé plusieurs des groupes salafistes que la France combat actuellement. Aujourd’hui, le MNLA assure soutenir les Français contre leur ennemi commun.
A l’état-major des forces armées, on ne veut pas entendre parler de « guerre » et encore moins de « guerre contre le terrorisme » :
« On parle d’“opération Serval”. »
Les militaires français, moins exaltés que les Américains (« infinite justice »), ont l’habitude de choisir des noms de bêtes ou d’éléments naturels pour leurs opérations. De préférence, des références locales.
Ici, nous avons donc le serval, un petit félin d’Afrique de l’Ouest. Il ronronne pas mal et fait pipi trente fois par jour mais ce sont évidemment ses qualités de prédateur rapide et malin qui ont décidé les militaires à l’adopter pour leur incursion malienne.
Vous ferez rougir de satisfaction le porte-parole de l’état-major des forces armées en employant cette expression qui « désigne parfaitement », selon lui, l’opération en cours – de rappeler que la France a répondu à l’appel à l’aide lancé par le Mali début janvier.
Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a parlé le 13 janvier dernier de « guerre contre le terrorisme » pour qualifier l’opération française au Mali. Au micro d’Europe 1, il a même précisé que la France luttait contre le terrorisme partout et tout le temps :
« La France est en guerre contre le terroriste, où qu’il se trouve, pour préserver sa sécurité, et celui du Mali, un pays ami. Le terrorisme est l’objectif unique, essentiel. »
François Hollande ne se préoccupe pas non plus de ménager l’opinion. S’il va en guerre, c’est pour buter les terroristes. Littéralement :
« Que faire des terroristes ? Les détruire. »
Magnanime, il ajoute :
« Les faire prisonniers, si possible. »
Peu habitués à ce langage martial totalement décomplexé, jusque-là plutôt propre aux néoconservateurs américains et au gouvernement russe, les Français semblent s’y faire.
Pas de cris d’orfraie comme à l’époque où Poutine disait vouloir « buter les terroristes jusque dans les chiottes ». Pas de polémique au sein de la classe politique, à l’exception de Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin. Ce dernier reconnaît que l’intervention française est légitime mais ne comprend pas la communication qui l’entoure :
« C’est un risque majeur que de vouloir s’engager dans “une guerre contre le terrorisme”, sachant qu’on ne se bat pas militairement contre les terroristes.
On les renforce, on les légitime, on leur donne un statut…
Il faut au contraire user de la force comme une des composantes de l’action. De ce point de vue là François Hollande a tout à fait raison. »
Depuis, l’Elysée semble faire attention à ne pas prononcer le mot « guerre » mais revendique une « lutte », un « combat », voire une « éradication » des « terroristes » (voir plus bas).
François-Bernard Huyghe, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), note que « derrière l’unanimité nationale, on glorifie la virilité de monsieur Hollande » (fini Flanby) en le voyant comme « un vrai chef de guerre » mais que, si cela est anecdotique, ce qui l’est moins, c’est le durcissement de la politique française :
« On dit franchement que la guerre, c’est fait pour tuer des gens. On fait fi du politiquement correct. »
Deux voix se sont fait entendre pour dénoncer l’entrée en guerre de la France au Mali : le Parti occitan et VGE, l’ancien président de la République. Pas pour les mêmes raisons.
Du côté des Occitans, on s’inquiète « des exactions des groupes jihadistes » mais on met en garde car cela « ne saurait cautionner une guerre néocoloniale, même parée de prétextes humanitaires. L’intervention française vise à restaurer le Mali dessiné par la colonisation ». Et de fait, à ne pas prendre en compte les revendications autonomistes des Touaregs du MNLA (voir plus bas).
Giscard souligne d’abord son expertise en tant que « seul président de la République à avoir visité Tombouctou [...] accueilli par des centaines ou peut-être des milliers de Touaregs qui bordaient la route sur leurs chameaux » et prédit que si la France ne s’en tient pas « strictement à son soutien logistique aux forces africaines », elle se retrouvera face aux mêmes « destructions inutiles de la guerre en Afghanistan ».
Au grand soulagement du Conseil français du culte musulman (CFCM), le gouvernement a choisi de ne pas employer le terme « islamisme ». L’Elysée estimant qu’« un islamiste n’est pas forcément un criminel », les membres du gouvernement et de la majorité ont été invités à ne pas désigner ainsi les groupes contre lesquels se bat la France au Mali.
Pour le chercheur François-Bernard Huyghe, cette stratégie d’euphémisation vise à s’éviter l’accusation d’islamophobie et à en finir avec l’amalgame entre islam et terrorisme.
Pierre Boilley n’est pas convaincu, d’autant que le gouvernement utilise le mot « jihadisme » :
« Le langage utilisé par la gouvernement français n’est pas pertinent. Le jihadisme et l’islamisme sont au même niveau. Ça revient à peu près au même. »
La présidente du Front national a aussi reproché à François Hollande le vocabulaire employé. Elle souhaiterait plutôt qu’on dise « islamiste ». Marine Le Pen :
« Je condamne fermement le refus par le président de la République, avec ordre donné au gouvernement, de ne pas parler d’islamistes. Il se contente de parler de terroristes.
Or je crois que quand on refuse de mettre des mots sur les maux, c’est extrêmement révélateur de l’incapacité du gouvernement à prendre la mesure des risques qui sont ceux de la France, risques que nous dénonçons depuis de nombreuses années.
Nous sommes en guerre contre le terrorisme islamique et si on ne veut pas voir ça, on ne saura pas contre qui on se bat. »
Officiellement, la France est en guerre/en lutte contre le terrorisme et les terroristes.
Est dit terroriste, le « membre d’une organisation politique qui exécute des actes de terrorisme pour imposer ses conceptions idéologiques ». De fait, les groupes que la France veut détruire semblent s’apparenter à des terroristes. Oui mais non, répond Pierre Boilley :
« Si l’Aqmi et le Mujao sont terroristes, ce n’est pas le cas de l’Ansar Dine. Ce groupe est pour l’instauration de la charia au Mali, c’est vrai mais ils ne prennent pas d’otages et ne font pas non plus sauter de bombes. »
François-Bernard Huyghe est également circonspect, considérant que l’utilisation du mot « terroriste » vise à simplifier la situation et surtout à éviter tout débat. En effet, qui ne soutiendrait pas l’éradication du terrorisme ?
« Dire terroriste est très utile en ce moment où on joue l’unité nationale et le sentiment patriotique. Ça permet de ne pas désigner l’ennemi. »
J’aime beaucoup les communicants de la Défense. Ils sont clairs et précis.
« Quelle est votre cible ? Qui est l’ennemi de la France au Mali ?
– La réponse est simple, madame : les terroristes jihadistes. »
Voilà. La France est en guerre non pas contre le terrorisme mais contre le « terrorisme jihadiste ».
Une double contrariété pour le chercheur Jean-Pierre Filiu, interrogé sur France Inter :
« Les terroristes veulent “devenir” des jihadistes mais c’est une façon d’anoblir leur combat, alors qu’ils sont impliqués dans des trafics divers. Et il faut bien le dire, des combats fort peu halal [...].
L’actuel chef d’Aqmi s’était spécialisé dans le trafic d’alcool entre l’Algérie et la Libye et aujourd’hui il veut nous faire croire qu’il trafiquait du thé et du matériel électronique. »
Quant à la « guerre contre le terrorisme où qu’il se trouve », Filiu trouve ce langage « inquiétant » car « ce n’est pas le type de langage qu’il faut diffuser lorsqu’on est en conflit ponctuel contre des ennemis ponctuels ». Il ajoute :
« On n’est pas en guerre contre un mythe. »
« Criminel » doit être le mot le plus employé par Laurent Fabius en ce mois de janvier. Le ministre des Affaires étrangères n’a de cesse de rappeler que la France se bat contre des « criminels » qui tuent, terrorisent et trafiquent. Bref, des gens pas fréquentables que personne ne regrettera.
Pour Jean-Pierre Filiu, « criminels » « délinquants », « trafiquants » et « preneurs d’otages » sont des qualificatifs adéquats.
Pour François-Bernard Huyghe, c’est un peu une simplification. Sur son blog, il écrit – en avertissant qu’il ne faut pas légitimer ces groupes :
« A partir du moment où vous descendez conquérir un pays avec des colonnes lourdement armées, où vous entrez dans des villes pour y imposer votre loi et votre autorité, etc., vous vous conduisez comme une rébellion, une armée de guerre civile ou de guérilla, et plus comme des terroristes qui lancent des bombes et des communiqués avant de se cacher. »
Le Monde, en octobre 2012, trouvait l’une des expressions les plus adaptées à la situation dans le Sahel : l’islamo-gangsterisme. L’éditorial le définissait ainsi :
« Ces groupes qui, au nom de l’islam politique, vivent du trafic de drogue, de la contrebande, du proxénétisme et des enlèvements contre rançon (de Français notamment). On est dans le grand banditisme mâtiné d’islamisme – cocktail détonnant. »
Surtout pas, pourraient s’écrier en chœur les spécialistes de la région. Qualifier ces groupes armés islamistes/jihadistes/terroristes/narco-islamistes (au choix) de « rebelles » reviendrait à légitimer leur combat ou à les assimiler au MNLA.
(Si ces propositions ne vous conviennent pas, il vous reste toujours ces mots utilisés par différents médias :
www.kassataya.com
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